vendredi 13 février 2009
Une résolution bien contraignante
Voici le communiqué de l'ONU :
Le Conseil a adopté d'autre part une résolution sur la lutte contre la diffamation des religions dans laquelle il se déclare profondément préoccupé par les tentatives visant à associer l'islam avec le terrorisme, la violence et les violations des droits de l'homme.
Il engage instamment les États à prendre des mesures énergiques pour interdire la diffusion d'idées et de documents racistes et xénophobes visant toute religion ou ses fidèles, qui constituent une incitation à la haine, à l'hostilité ou à la violence raciale et religieuse. Il a aussi adopté une résolution portant sur l'élimination de toutes les formes d'intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction.
Si l’Europe a majoritairement voté contre, on est légitimement en droit de s’inquiéter du basculement de l’ONU dans une lutte pour imposer des préceptes religieux à des nations laïques. Car ne nous leurrons pas, il ne s’agit pas d’un combat contre le racisme. Il est déjà des textes à ce sujet, ils visent à la protection des personnes et non des idéologies. Rappelons que le racisme s’en prend aux personnes et non aux idéologies.
Cette résolution est une sérieuse restriction de la liberté d’expression. En effet, la critique de la religion reste un droit, salutaire pour tous. Il permet à chacun de s’exprimer selon son gré, de mettre en question des idéologies. Il protège autant le croyant que l’athée. Car, tout autant que le délit de blasphème, c’est la notion d’hérésie que l’on voit ressuscitée. Si la diffamation d‘une religion devient un délit, il faut comprendre les conséquences qu’aurait pareille loi. Une religion pose un dogme, toute remise en question pourra être prise pour de la diffamation. Plus question de la moindre interprétation personnelle. L’église catholique a utilisé durant des siècles ce genre de stratégie pour éradiquer toute pensée différente de la sienne, qu’elle soit athée ou non. Les dirigeants s’étant prononcés pour cette résolution ne sont pas des imbéciles, ils savent très bien ce qu’ils font. Ils sacralisent des dogmes déjà officiels et pénalisent toutes critiques à leurs égards. On peut se demander si la véritable volonté de ces personnes n’est pas de se mettre dans la poche des pouvoir religieux à fort soutient populaire pour mieux asseoir leur pouvoir. Ne l’oublions pas, quand les politiciens se mêlent de religion, quand on mélange politique et religion, on trouve bien plus de lutte politicienne que de spiritualité.
Que deviennent les athées dans tout cela. Si toute critique de la religion est illicite, peuvent-ils encore affirme que dieu n’existe pas, ce blog est il encore légal ? Pourtant affirmer son athéisme n’est du racisme que dans l’esprit tortueux et propagandiste des intégristes. Ce blog, qui se veut absolument anti raciste, car je répète que les racistes n’ont rien à faire ici, je ne veux même pas de leur soutient, notre combat est opposé, devrait donc fermer. Il semblerait donc que la susceptibilité des croyants soit plus importante que ma liberté. Cette résolution est une atteinte à l’athéisme. Il est d’ailleurs assez troublant de constater que souvent l’athéisme est considéré comme une religion, comme une croyance au même titre que les autres. Dans ce cas on peut s’étonner que la résolution onusienne n’ait pas pris plus à cœur de protéger l’athéisme, numériquement minoritaire. Non, bien sûr, car dans ce cas il faudrait réécrire les livres dit saint…
Je m’interroge également sur la possibilité d’application de cette résolution. En effet, les religions étant en constante opposition entre elles, comme vont-elles faire pour ne pas tomber sous le coup de la diffamation. La réponse en fait est simple. Les religions auront un statut de sacralité, au dessus des lois bien sûr, et seul le non religieux devra modérer ses propos, c'est-à-dire se taire.
Que va-t-il en être de la lutte pour le droit au IVG, à l’euthanasie, les droits des homosexuels, revendiquer ces droits sera-t-il encore permis étant donné qu’ils s’opposent aux religions ?
Si l’on analyse un peu le vote en faveur de cette résolution on se rend compte que les pays ayant voté pour sont : la Russie, le Vénézuela, Cuba et les pays musulmans. Quel est le point commun entre ces pays ? Le besoin de condamner l’occident, une logique tiers mondisme rivé à un populisme constant. Il y a pour ces pouvoirs, un constante critique de l’occident qui canalise la colère de populations démunies, leur fournit un coupable tout trouvé. Car la résolution se veut une défense de l’islam contre l’Occident, c'est-à-dire une affirmation du rôle d’agresseur du monde occidental contre le reste du monde. Cette victimisation de l’Islam identifiée comme la religion des pauvres (victimisation habilement entretenue et encouragée par les pouvoirs politiques et religieux) est le fermant des dictatures d’orient. Cette haine de l’occident est le moteur de nombreux régimes du tiers monde. C’est cette stratégie qui a été mise en place à l’ONU. C’est le renversement de l’axe du mal défini par Georges W Bush. C’est là aussi du pain béni pour le Vatican qui, dans sa politique de radicalisation, a besoin de cette opposition à l’occident, de la peur que celle-ci produit pour asseoir son pouvoir sur les masses.
Ne soyons pas dupes, cette résolution ne servira qu’à encourager les extrêmes d’où qu’ils soient. Il est encore une fois nécessaire que croyants et non croyants dénoncent cette infamie. Il grand temps pour l’Occident, pour l’Orient d’avancer main dans la main contre la tyrannie, et pour la démocratie. Demandons-nous toujours à qui servent ces oppositions, ces conflits .
vendredi 19 décembre 2008
Chanson
Est-il en notre temps rien de plus odieux
De plus désespérant, que de n'pas croire en Dieu ?
J'voudrais avoir la foi, la foi d'mon charbonnier
Qui est heureux comme un pape et con comme un panier
Mon voisin du dessus, un certain Blais' Pascal
M'a gentiment donné ce conseil amical
" Mettez-vous à genoux, priez et implorez
Faites semblant de croire, et bientôt vous croirez "
J'me mis à débiter, les rotules à terr'
Tous les Ave Maria, tous les Pater Noster
Dans les rues, les cafés, les trains, les autobus
Tous les de profundis, tous les morpionibus
Sur ces entrefait's-là, trouvant dans les orties
Un' soutane à ma taill', je m'en suis travesti
Et, tonsuré de frais, ma guitare à la main
Vers la foi salvatric' je me mis en chemin
J'tombai sur un boisseau d'punais's de sacristie
Me prenant pour un autre, en ch?ur, elles m'ont dit
" Mon pèr', chantez-nous donc quelque refrain sacré
Quelque sainte chanson dont vous avez l'secret "
Grattant avec ferveur les cordes sous mes doigts
J'entonnai "le Gorille" avec "Putain de toi"
Criant à l'imposteur, au traître, au papelard
Ell's veul'nt me fair' subir le supplic' d'Abélard
Je vais grossir les rangs des muets du sérail
Les bell's ne viendront plus se pendre à mon poitrail
Grâce à ma voix coupée j'aurai la plac' de choix
Au milieu des petits chanteurs à la croix d'bois
Attirée par le bruit, un' dam' de Charité
Leur dit : " Que faites-vous ? Malheureus's arrêtez
Y a tant d'homm's aujourd'hui qui ont un penchant pervers
A prendre obstinément Cupidon à l'envers
Tant d'hommes dépourvus de leurs virils appas
A ceux qu'en ont encor' ne les enlevons pas "
Ces arguments massue firent un' grosse impression
On me laissa partir avec des ovations
Mais, su'l'chemin du ciel, je n'ferai plus un pas
La foi viendra d'ell'-même ou ell' ne viendra pas
Je n'ai jamais tué, jamais violé non plus
Y a déjà quelque temps que je ne vole plus
Si l'Eternel existe, en fin de compte, il voit
Qu'je m'conduis guèr' plus mal que si j'avais la foi
jeudi 11 décembre 2008
Pour en finir une bonne fois pour toute avec le créationisme
Le créationnisme est une réaction au Darwinisme. Les religieux, ne pouvant souffrir de voir leur dogme contesté par la science, on eu tôt fait de réagir en affirmant la véracité de leur mythe des origines. La question centrale était l'enseignement, prenant la jeunesse en otage, il y eu différent procès pour interdire l'enseignement du Darwinisme et promouvoir les élucubrations créationnistes.
De tous temps, les religions ont voulu s'acaparer la place de la science. Nous sommes là face à une des dimensions totalitaire du religieux.
Si le darwinisme est de nos jours enseigné dans la plupart des écoles, cela ne ce fit pas sans mal. Certains mouvements religieux ne s'en sont jamais remis. C'est pourquoi est apparu l'intelligent design. Sous le couvert d'une rigueur scientifique des plus discutables, les créationnistes ont élaboré une théorie fumeuse. Elle admet les preuves paléontologiques de l'apparition de différentes espèces, cependant elle refuse le concept d'évolution mécanique et se réfugie dans le surnaturel, à savoir dieu.
Ce courant a de nos jours le vent en poupe, et il convient d'y prendre garde. Les mélanges entre la foi et la science sont un outil de manipulation des plus dangereux.
Le grand problème de cette "théorie" est qu'elle n'est pas scientifique. En effet, il n'est nul besoin de la réfuter point par point, elle n'est tout simplement pas recevable. La science est basée sur l'expérimentation, comment faire l'expérience de dieu? C'est par définition impossible.
Nous sommes là face à une dérive du religieux teinté de sa mégalomanie. Sous le couvert d'un discourt prônant l'humilité, les religions n'ont pas la sagesse de dire: «Je ne sais pas". Si elles le disent, c'est pour ajouter que seul dieu le sait. Cela revient à dire qu'il est impossible de le savoir et donc que l'on connait tout ce qu'il est possible de savoir, que pour le reste c'est impossible. Je veux dire que les religions affirment savoir tout ce qu'il est possible de savoir. Quelle prétention! Je pense qu'il est bien plus sage d'admettre que nous ne savons pas certaines choses et d'essayer de les comprendre avec rigueur et honnêteté. La science n'explique pas tout, elle ne le fera surement jamais, mais elle préfère admettre son ignorance plutôt que de proposant des théories d'où la rigueur et la méthode sont absentes. Elle admet ses limites tout en cherchant à les dépasser.
Je trouve qu'il y a là une sagesse dont bien des gens devraient s'inspirer.
lundi 8 décembre 2008
Les athées et la spiritualité
- La spiritualité est quelque chose de profondément religieux.
- Il est nécessaire d'avoir de la spiritualité.
- Le bien et le mal, postulat monothéiste je le rappelle, se positionnent également par rapport à cette spiritualité que s'approprie le religieux.
Pour l'athée, il est différentes positions possibles. Celles-ci vont dépendre de chacun bien sur, mais également de la définition que l'on donne à la spiritualité.
Voici trois définitions du Petit Robert:
Spirituel:
1 Propre ou relatif à l'âme, en tant qu' émanation et reflet d'un principe supérieur et divin
2 Qui est d'ordre moral, n'appartient pas au monde physique.
3 Qui a de l'esprit, de la vivacité, de l'à-propos.
La première des définitions rattache la spiritualité au domaine de la religion, en tout cas de la croyance. Cependant, la négation du divin, du dualisme rentre dans cette catégorie. Un athée peut très bien accepter le concept de l'âme, mais en tant que concept. Une réflexion sur l'inexistence de dieu rentre dans le domaine de la spiritualité.
Par ailleurs, une prise de position telle que " Non, je n'ai pas de spiritualité, ce domaine ne me concerne pas, je ne le reconnais pas, cela n'est ni bien ni mal" est à mon sens spirituel. Cette affirmation questionne l'esprit, questionne ce domaine et donc est selon moi spirituelle ou tout du moins philosophique. Elle ne mérite en tout cas ni insulte, ni mépris.
Les deux autres définitions peuvent tout à fait correspondre à un athée. La morale, au sens philosophique du terme, n'est pas l'apanage des croyants. Pour l'athée, elle est construite par l'humain, pour le croyant (ou le dualiste), elle est bien souvent héritée, reçue, transmise. Il est certain qu’elles vont différer, mais ce sont là deux différentes manières d'avoir de la spiritualité. L'athée qui questionne est à mon sens plus spirituel que le croyant qui va à la messe par habitude, et observe les rites ans se poser la moindre question.
J'aimerais expliquer ce qu'est pour moi la spiritualité d'un athée, celle de l'athée que je suis. Si je pouvais y ouvrir un croyant, sans prosélytisme, ou juste un peu, n'ayez crainte, j'en serais ravi.
Pour moi, ce monde est une perpétuelle source d'interrogations. C’est en tant qu'être humain que je me les pose, peut-être même est-ce la condition pour que ces questions soient posées, sous cette forme en tous cas. Je vais poser des concepts, humains c'est certain, ils ne sont que mon interprétation, mais qui selon moi sont une forme de spiritualité. La beauté, l'émerveillement, le bon, l'effrayant... Questionner ces concepts m'enseigne des choses sur moi, sur le monde.
Apprécier un bon repas, goûter de la subtilité des délices d'un bon plat, n'est ce pas spirituel? Pourtant, il y a une grandeur, un élan de sublime que cherchent bien souvent les cérémonies religieuses. N’est- on pas en plein rapport entre le corps et l'esprit, que les définitions de ces termes soient matérialistes ou non.
Il en est de même du sexe, de toute forme de plaisir. Quelle que soit notre sexualité, dans la mesure au chacun est consentant, le plaisir et le contact avec l'autre sont potentiellement une ouverture à la spiritualité. Il en est de même de l'alcool, du confort, de toute source de plaisir.
L'art, et-ce qu'un athée est insensible à l'art? Non. Je puis être retourné par la magnificence de Bach. Cet homme composait pour dieu, mais il touchait et exprimait des sentiments humains. Nous les nommons d’une manière différentes, les interprétons autrement, c'est tout. L'art est le lieu même de la spiritualité, cet acte inutile qui devient nécessaire, quoi de plus grand et plus spirituel?
La science elle-même nous offre une interprétation du monde, une compréhension chargée de poésie. L'histoire de l'évolution, par exemple, est digne des plus grandes épopées, est aussi riche en enseignement que n'importe quel texte religieux pour qui accepte de la regarder et surtout de s'émerveiller. Car la science à ceci de poétique qu'elle peut être une sublime source d'émerveillement.
Le sens de la vie, qui pour moi est le sens que JE donne à MA vie est un forme de spiritualité, de quête permanente. Je ne peux que citer Hermann Hesse,(dont je recommande la lecture de tout les ouvrages), dans Le jeu des perles de verre:"
Que tu deviennes professeur, savant, ou musicien, aie le respect du "sens", mais ne t'imagine pas qu'il s' enseigne."
La spiritualité, que je reconnais comme bien difficilement définissable, est possible pour tous, elle n'est la propriété de personne. Se l'approprier c'est déjà la diminuer. Elle n'est ni bien, ni mal, il est des positions spirituelles que je réfute, car rien n’est absolu.
J'ose espérer que des athées et des croyants ont pu se reconnaitre dans mes propos.
dimanche 7 décembre 2008
Athéisme, religion et racisme
Depuis quelques décennies, l'Islam prend une place de plus en plus grande dans nos sociétés. Les grandes vagues migratoires ont amené cette religion qui a acquis un certain poids. Elle est bien souvent la deuxième religion de nos pays. Que l'Europe accepte des personnes en difficulté ou tout simplement exprimant le désir d'y vivre, c'est on ne peut plus légitime. Je pense et affirme que cette arrivée de migrants est une bonne chose. Non seulement il en va de la dignité de nos sociétés qui ne doivent refuser leur aide à quiconque en a besoin, mais cela nous ouvre à l'autre et devrait éviter la fermeture sur soi ou sur une idée raciale ou nationaliste de nos contrées.
Cela ne se passe certes pas sans problème, nos gouvernements n'en faisant pas assez pour permettre une bonne intégration et les frontières se fermant de plus en plus. Ce n'est pas le lieu pour débattre des politiques d'immigrations. Je voulais surtout préciser que mon opinion est celle de quelqu'un qui se qualifierait de "pro-immigration».
Cependant, il est devenu on ne peut plus délicat de critiquer l'Islam. Une sanction guette celui qui s'y risque: Raciste ou encore, islamophobe. Être critique à l'encontre d'une religion est pourtant un droit inaliénable, je dirais même que donner un statut particulier à cette religion serait une forme de racisme. Cela laisserait entendre que ses fidèles ne sont pas assez intelligents pour comprendre la laïcité. Un statut particulier serait un obstacle majeur à l'intégration des musulmans, il est impératif de les considérer comme citoyens à part entière, le particularisme est l'ennemi de l'intégration.
Je ne peux que déplorer les tentatives de groupes ou partis racistes, de récupérer le combat laïque pour s'en prendre à une partie de la population.
Si je m'en prends à l'Islam, c'est tout simplement parce que je considère les religions comme des idées fausses et potentiellement dangereuses. L'Islam est une religion, donc me pose problème. Il en est de même du Christianisme, du judaïsme ou du bouddhisme. Je mets dans le même panier (sans toutefois ignorer leurs nuances), l'Islam intégriste, la folie évangéliste , le communisme stalinien (idéologie bien proche d'une religion) ou le nazisme lui aussi étant structurellement proche d'une religion. Je me méfie du religieux et refuse de le voir guider ma vie par ses effets sur la vie sociale ou la politique. La laïcité exige une vigilance de tous les instants. Je pense que les religions, même dans leurs formes modérées, sont dangereuses. Heureusement, on trouve dans ces postures modérée certaines personnes attachées également à la laïcité et ouvertes au débat. Avec eux nous pourrons avancer.
Si l'athéisme ne peut accepter le racisme, il doit rester lucide face aux religions. L'effet de groupe, se trouvant dans le "bien" face au monde extérieur dans le "péché" est on ne peut plus pervers. Même dans sa forme modérée, le religieux est misogyne et homophobe, destructeur au point de vue de l'épanouissement sexuel. En taxant le sexe de péché, les religions gangrènent la société en condamnant une des formes les plus belles d'épanouissement. Les religions posent des normes de pudeur qui font reculer nos libertés en les grignotant (pour exemple on parle de femme non-voilée, ce qui revient à faire de la femme voilée un état normal, je ne peux qualifier cela autrement que comme un vol du corps des femmes). Les positions des différentes religions sur l'avortement, l'euthanasie sont fort proches et par là elles s'approprient nos corps et nos vies (car elles ont un poids, certes indirect, dans le vote des lois). La religion a une fâcheuse tendance à remplacer la justice sociale par la charité, ce qui revient à accepter la pauvreté. La liste de mes griefs est encore longue, mais je vais m’arrêter ici.
Je voudrait terminer en appelant chacun, athée ou non, à la vigilance, car si le vivre ensemble est possible, il doit se méfier du religieux, le laisser à sa place , c'est à dire dans le domaine du privé.
jeudi 20 novembre 2008
Histoire
Cependant, ces pensées remettaient en cause le dogme officiel et par la même la légitimité du pouvoir. En effet, la religion a bien souvent pour mission de donner une légitimité, une essence divine au pouvoir. On peut certes difficilement comparer l'empereur romain au monarque absolu de droit divin français, mais l'antiquité à vu s'opérer un glissement vers ce genre de pouvoir.
Quand les chrétiens eurent le pouvoir, ils eurent tôt fait d'assoir leur autorité par la même politique d'intolérance. Les victimes ont parfois bien du mal à tirer les leçons de l’histoire! Jamais en effet l'Église n'a réellement été contre l'intolérance, elle a simplement voulu être du bon coté.
Une longue histoire chrétienne va suivre peuplée de croisades (également musulmanes, ne l’oublions pas), d'inquisitions, de guerres de religion et d'une politique papale qui discrédite à elle seule sa légitimité. Durant toute cette période, l'athéisme fut combattu avec fougue. Cette histoire qui se poursuit jusqu'à la révolution française n'est pas non plus homogène. Cependant on distingue toujours ce souci d'assoir son pouvoir par la légitimité "divine".
A la révolution française, la séparation des pouvoirs et la prise en main par le peuple (la bourgeoisie, il est vrai) de son destin créé une rupture avec ce type de pouvoir. Il fallut bien des années pour que ce nouveau type de gouvernement soit bien assis. Lui non plus n'est pas exempt de critique. Mais il apporte par sa non-sacralisation, la possibilité d'être contesté, d'être renverser sans que cela ne remette en question les structures de l'état.
A cette époque, les droits de l'homme sont proclamés. L'Église, elle, s'insurge, elle est du coté de l'ancien régime, celui-ci lui donnait tant de pouvoir. Elle condamne les droits de l'homme, condamne le progrès et veut renvoyer le peuple dans sa servilité d'origine. La doctrine sociale de l'Église ne fut que poudre aux yeux, consentement forcé au progrès par un populisme destructeur. Le christianisme ne fut jamais du coté du progrès social, sa position lors de la lutte féministe parle d'elle même.
Lors de ce survol furtif de l'histoire je me suis centré sur l'Europe. Les autres religions ne firent guère mieux, chacune certes avec une histoire différente, mais le résultat ne diffère guère. En Europe, les lumières et leurs suites révolutionnaires ont écarté les religions du pouvoir. Il y a si peu de temps que les athées sont en sécurité, et encore dans une partie bien limité du monde.
Il faut néanmoins rester vigilant. Le pouvoir a encore besoin d'être renforce par la légitimé d'une foi, d'un dogme, d'une pensée unique a laquelle le peuple devrait adhérer (voir le communisme stalinien , maoïste ou encore le nazisme). L'Église a par ailleurs toujours continué à soutenir les régimes prônant la pensée unique pour peut qu'elle soit chrétienne. Il est ridicule de croire que c'est la dimension totalitaire du communisme que l'Église a combattu, c'est son pseudo-athéisme, son anti-chrétienté.
De nos jours les religions reprennent du poil de la bête. Les plus jeunes semblent avoir du mal à saisir le danger (Je compte y consacrer un article prochainement). Que la religion soit musulmane ou chrétienne, ou quoi que ce soit d'autre, notre histoire nous incite à la vigilance. L'éloigner du pouvoir doit devenir un réflexe naturel car à chaque fois qu'elle y met les pieds, les problèmes arrivent. Cela ne remet bien sur pas en question le droit individuel de croire ou non en quelque chose.
Les religions sont un instrument de pouvoir bien tentant pour les politiques, ne nous laissons pas manipuler, n'attendons pas de voir ce qui se passe, l'histoire est bien trop chargée de drame pour ne pas se méfier. Il en va de notre liberté à tous.
lundi 27 octobre 2008
La soumission
Lors de conversations avec des croyants, j'ai souvent été étonné par leur soumission. Il semble aller de soi, pour eux, que si dieu existe, il nous faut nous soumettre. Pourquoi? Pourquoi l'existence de dieu, dont la volonté serait révélée dans un livre, ( cela non plus ne va pas de soi), impliquerait que l'on lui obéisse?
Il faut apprendre à dire non. Il faut pouvoir dire à toute autorité: "Je ne suis pas d'accord". Sans cette attitude, nous ne serions pas en démocratie, l'humanité en serait encore à ses débuts. Je ne prétends pas que tout progrès soit par essence positif, je veux juste souligner que tout progrès a dû passer par une révolte. Quand on nous impose l'inacceptable, il faut savoir dire non.
L'enfant lui même devra apprendre à dire non pour se trouver et construire sa propre personnalité. L'enfant doit un jour quitter le nid familial. Ce dernier principe est déjà mis à mal par les religions et leur conception patriarcale de la famille. Cela n'est pas un hasard.
En effet, condamner la révolte contre le père, la rendre culpabilisante, y apposer le sceau du mal, permet de rendre encore moins aisée la révolte contre dieu. Ce dieu est une sorte de père supérieur, il m'a créé donc je ne puis me révolter contre lui, l'enfant ne se révolte pas contre son père!
Il est donc mal aisé pour le croyant de dire non à son dieu. Pourtant, Il est difficile de comprendre comment certaines personnes peuvent considérer que les athées, les homosexuels vont bruler pour l'éternité en enfer et que cela est normal. Ils ne trouvent pas cela normal parce que eux pensent que l'athéisme ou l'homosexualité sont mauvais, mais parce que leur dieu l'a décidé, parce que leur dieu leur à dit que c'était mal.
Comment peuvent-ils accepter ces lois sans broncher? On leur dit que la femme est inférieure, que le sexe est mal ou tout autres sottises qui ne peuvent se légitimer que par l'arbitraire. La peur de l'enfer doit y être pour quelque chose, car il n'y a guère de raison légitime à cette acceptation.
Si l'on prouvait l'existence de dieu, ( hypothèse,selon moi ,des plus improbable sinon impossible), que feriez vous, demandait-on un jour sur un forum? Je me révolterais, je dirais non à ses lois, à son autorité. Qu'il me condamne donc, je n'en ai cure, car il ne peut y avoir de paradis si qui que ce soit va en enfer. Cette simple idée est pour moi inacceptable. Je préfère passer l'éternité en enfer que d'imposer quoi que ce soit à ma compagne, à ma sœur. Si les homosexuels vont en enfer, j'irai avec eux, car la récompense d'un tel dieu ne serait que fruit pourri. J'ai ma vertu, celle du mécréant, et je ne m'en excuserai pas. J'ai ma vertu, celle qui proclame qu'un paradis ne vaut pas la moindre souffrance, la moindre larme.